Fabrice Rémon : « Chez SoLocal, les détracteurs sont à la manœuvre »

 

 

 

 

Il y a quelques jours, Fabrice Rémon, président de la société Gouvernance en Action, a tenu à publier une « lettre ouverte aux actionnaires de SoLocal (et à ceux qui prétendent défendre les intérêts des petits actionnaires) ». Celui-ci est en charge depuis plusieurs mois, de définir, avec la direction de SoLocal, le plan de restructuration de la dette. Fabrice Rémon explique sa démarche.

Eco-Mag : Pourquoi avoir décidé de publier cette lettre ouverte ?

Fabrice Rémon : Depuis février, je travaille avec SoLocal afin que ce projet de restructuration complexe soit le plus audible pour les actionnaires. Ces dernières semaines, les petits actionnaires ont été submergés d’informations multiples et parfois contradictoires. Lorsque j’ai vu la catastrophe qui se préparait, j’ai décidé de prendre la parole.

Eco-Mag : Qu’est-ce qui vous ennuie dans la situation actuelle ?

Fabrice Rémon : Même si les actionnaires ont beaucoup perdu il est impératif aujourd’hui, d’être constructif et de regarder vers l’avant. Ils ne comprennent pas la scission entre les différentes parties. Depuis l’entrée au conseil d’administration de trois nouveaux membres, dont Alexandre Loussert, ces derniers se sont, eux aussi, rendu compte qu’il n’y avait pas d’autre solution que le plan amélioré tel que proposé à la prochaine assemblée générale. Mais les détracteurs ont probablement un agenda différent et sont à la manoeuvre. Didier Calmels, en demandant l’entrée au conseil de huit nouveaux administrateurs, risque de déclencher une demande immédiate de remboursement de l’emprunt obligataire, ce qui nous emmènerait inexorablement jusqu’au redressement judiciaire. En période de campagne présidentielle, le gouvernement ne laissera pas tomber la société et cela créera, pour certains, des opportunités de récupérer des morceaux du groupe à bas prix… Je note que Didier Calmels a d’ailleurs vendu beaucoup de ses titres. Benjamin Jayet, c’est un autre agenda. Il ne demande que trois nouveaux administrateurs et son objectif est probablement le profit rapide. Mais le problème c’est que son projet est inacceptable pour les créanciers. Il est intéressant d’ailleurs de noter que 50 % de sa position a été empruntée. 

Eco-Mag : Le 15 décembre, il faudra donc qu’un choix soit fait entre les différents projets…

Fabrice Rémon : Le sujet ne sera pas de choisir entre le projet de Benjamin Jayet et le projet de la société. L’enjeu, est le suivant : soit le seul projet validé par les créanciers est approuvé, soit on va dans le mur. Et dans ce dernier cas, les actionnaires perdraient tout. Je rappelle que les créanciers ont annoncé le 9 décembre avoir notifié l’accélération du remboursement de plus de 800 millions € de dettes dès le 16 décembre, si le plan n’était pas approuvé par l’assemblée. C’est pour le moins clair et devrait suffire pour convaincre !

« Les créanciers sont les maîtres de la situation »

Eco-Mag : A vous écouter, on a l’impression qu’il faut être dans la société pour vraiment comprendre la situation.

Fabrice Rémon : Alexandre Loussert ou Arnaud Marion ont vite compris, en arrivant dans le conseil d’administration, que l’équipe de Jean-Pierre Remy travaillait depuis des mois en faveur de la société, de ses salariés et de ses actionnaires. Mais on le sait tous: les créanciers sont les maîtres de la situation aujourd’hui, et on ne peut pas leur imposer n’importe quoi. Ainsi, certains sont en train, de manière non responsable, de casser la société, il faut que cela s’arrête.

Eco-Mag : Mais les petits porteurs y trouveront-ils leur compte ? Vont-ils récupérer leur mise ?

Fabrice Rémon : Il faut bien entendu être prudent mais, schématiquement, le modèle est conçu pour qu’ils puissent retrouver leur mise et revenir au même niveau d’investissement que depuis la dernière augmentation de capital. Jean-Pierre Remy se bat pour cela, parce qu’il y croit. Et puis, si les actionnaires ne veulent pas suivre l’opération, ils pourront toujours, en fonction du marché, revendre les actions gratuites reçues et les DPS.

Eco-Mag : Jean-Pierre Remy semble être, pour vous, l’homme de la situation ?

Fabrice Rémon : Je n’en ai aucun doute et la plupart des investisseurs le pensent aussi. J’ai appris à le connaître depuis tous ces mois. C’est un homme apprécié par ses équipes, c’est un meneur d’hommes qui écoute beaucoup et qui, surtout, sait trancher quand il le faut.

 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Gouvernance en Action