Carrefour, LafargeHolcim, des anciens dirigeants grassement rémunérés pour des sociétés en lourdes pertes !

 

Lorsqu’un dirigeant quitte une entreprise, il serait nécessaire et de bon sens que le Conseil d’Administration prenne en compte les différentes mesures de rationalisation qui devront être prises après son départ, avant de proposer tout package de rémunération.

 

 

Il y a quelque chose de révoltant de voir un dirigeant partir avec une très forte rémunération et de constater que la société présente quelques mois plus tard des comptes en pertes de plusieurs centaines de millions d’euros, parfois de plus d’un milliard.  

 

Ainsi Carrefour a annoncé il y à quelques jours avoir enregistré de lourdes pertes au titre de l’exercice 2017, avec un résultat négatif de 513 millions d’euros.

Le résultat opérationnel courant (ROC) est en baisse de 15% et le résultat net "ajusté" en chute de 25% par rapport à l’exercice 2016.

 

On se demande vraiment comment le Conseil d'Administration de Carrefour a pu accepter de proposer une rémunération de George Plassat à hauteur de 9,7 millions d’euros en 2016 et lui accorder 3 millions d’euros d'indemnité et une rente à vie de 0,5 millions d’euros/an ? On avait parlé à l’époque d’une « remise à flot » de Carrefour, mais était-ce vraiment le bon terme ?

 

Certes le résultat 2017 de Carrefour a été plombé notamment par une dépréciation du « goodwill » de la filiale italienne pour environ 700 millions d’euros et des ex-magasins Dia de proximité fermés (300 millions d’euros).

 

Dans le cas de LafargeHolcim, c’est son directeur général Eric Olsen qui est parti le 15 juillet 2017 avec un package global de 4,12 millions de CHF, soit sur une base annuelle 7,6 millions de CHF (6,6 millions d’euros). Et pourtant les comptes de LafargeHolcim qui viennent d’être publiés présentent une perte de 1,5 milliards d’euros pour 2017. La société ayant dû passer 3,3 milliards d’euros de dépréciation.

 

Bien entendu, il s’agit à chaque fois d’éléments exceptionnels, mais il est difficile d’imaginer qu’un management et un Conseil d’Administration éclairés ignoraient ces différents éléments au moment du départ de leurs dirigeants.

 

Dans ce contexte, il est d’autant plus inacceptable pour l’actionnaire de subir la chute du cours de bourse et souvent aussi celle du dividende.  

 

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